Dysménorrhées, comprendre les douleurs de règles

L’algoménorrhée ou la dysménorrhée désigne un syndrome douloureux d’origine utérine, caractérisé par des crampes abdominales lors des règles. On peut parfois parler de crampes menstruelles. La douleur peut irradier vers le dos et s’accompagner d’autres symptômes (maux de tête, vomissements, diarrhée…).
Elle apparaît soit avant les règles, soit pendant, mais se produit le plus souvent vers le deuxième jour pour s’intensifier progressivement avant de disparaître. (1)

Le syndrome de la menstruation douloureuse est très fréquent, touchant plus de la moitié des femmes en âge de procréer (près de 73% des adolescentes (2)).
De nombreuses femmes rapportent des douleurs importantes au point d’en être clouées au lit durant leurs règles.
Pour une femme sur 10, il est responsable d’un arrêt de travail de 1 à 3 jours à chaque cycle menstruel. (3) Dans certains pays d’Asie, un congés menstruel a été instauré depuis 1947.

Quelle en est la cause ?

Il existe plusieurs types de dysménorrhées. Classiquement, elle est divisée en 2 catégories :

  • la dysménorrhée primaire ou fonctionnelle ou encore essentielle : elle représente les ¾ des cas et se manifeste généralement dès l’adolescence avec l’apparition des premières règles. La douleur menstruelle provient du manque d’oxygénation tissulaire de l’utérus par hypercontractilité du myomètre et vasoconstriction de ses vaisseaux. Ces phénomènes résultent de l’excès de production de certaines hormones, dont la prostaglandine. Cette hormone stimule ou provoque les contractions utérines. (4)
  • la dysménorrhée secondaire ou organique apparaît plus tard dans la vie. Elle a pour origine une affection pathologique, le plus souvent l’endométriose, mais aussi l’adénomyose, des fibromes utérins ou une inflammation du pelvis. Elle peut s’accompagner de saignements entre les règles ou de ménorragies, et la douleur peut survenir en dehors des menstruations (5)

Attention, des douleurs pelviennes peuvent être le symptôme d’une pathologie grave et il est important de consulter au préalable son médecin.

Quelles prises en charge pour les dysménorrhées essentielles ?

Les anti-inflammatoires sont en général prescrits par le médecin en première intention, pour leur action antiprostaglandine. D’autres traitements, comme les antalgiques ou les antispasmodiques, peuvent être proposés à visée symptomatique.

L’application d’une source de chaleur est un moyen simple et accessible à toutes pour limiter les douleurs menstruelles.
La neuro-stimulation électrique transcutanée (TENS) à haute fréquence a fait preuve de son efficacité dans le soulagement des dysménorrhées, tout comme l’acupuncture. (4)

Douleurs de règles et ostéopathie

Par leurs différentes attaches ligamentaires, les organes génitaux sont directement ou indirectement reliés aux structures osseuses environnantes comme le bassin et la colonne vertébrale, notamment les vertèbres lombaires. Un des fondements de l’ostéopathie stipule que “la structure gouverne la fonction et inversement”. Ceci signifie que si le contenant (l’appareil musculo-squelettique dans notre cas) présente des dysfonctionnements, le contenu (l’appareil génital) risque d’en souffrir … et donc réciproquement.

Le traitement ostéopathique a pour but de redonner une bonne mobilité aux articulations et aux tissus de la région abdomino-pelvienne afin d’assurer une vascularisation et une innervation optimales des organes qui s’y logent, dont l’appareil génital.

Plusieurs études ont déjà confirmé l’efficacité de l’ostéopathie dans la réduction des lombalgies cataméniales, c’est-à-dire des douleurs lombaires accompagnant les règles. (6) Ces douleurs font partie du syndrome prémenstruel.

En Allemagne, une étude réalisée sur 60 femmes atteintes de dysménorrhée primaire dont la moitié recevait un traitement ostéopathique s’est conclue par une diminution de près de 60% de la douleur menstruelle pour le groupe traité (contre 2% pour le groupe témoin). Les résultats sont également significatifs quant à la qualité de vie et la prise de médicaments sur la même période. (7)

Sources

(1) https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/medecine-dysmenorrhee-12774/
(2) F. Narring & al. – Dysmenorrhea : a problem for the pediatrician – Archives pédiatriques – 2012
(3) Faculté de Médecine de la Sorbonne – cours sur les algies pelviennes
(4) Pauline Blondel Vendé – la dysménorrhée de l’adolescente : à propos d’une enquête descriptive auprès de 907 lycéennes de l’agglomération rouennaise – U.F.R. de médecine-pharmacie de Rouen – 2014
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dysménorrhée
(6) https://www.allodocteurs.fr/maladies/gynecologie/endometriose/l-endometriose-desC. Vuitteney – Lombalgie cataméniale et ostéopathie – Institut Dauphine d’Ostéopathie – 2013
(7) Angelika Pinter-Haas et al. – Osteopathic treatment of women with primary dysmenorrhoea: A randomised controlled trial – International Journal of Osteopathic Medecine – 2010

Note : Consultez toujours un professionnel et suivez les recommandations de votre médecin, ou professionnels de la santé qui vous accompagnent. Le soin d’ostéopathie ne remplace pas le suivi médical dont vous pouvez bénéficier.

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