Skip to main content

90% de notre appréhension du monde passe par notre vision.
Les rayons lumineux pénètrent dans l’oeil et traversent, en ordre, la cornée, la chambre antérieure avec l’humeur aqueuse, le cristallin et l’humeur vitrée pour atteindre finalement la rétine.
Ensuite, les photorécepteurs transforment l’information visuelle en influx nerveux. Ce sont des cellules nerveuses en forme de cônes (responsables de la vision diurne et de la perception des couleurs) ou de bâtonnets (responsables de la vision nocturne et des contrastes).
L’influx nerveux passe dans le nerf optique pour atteindre l’aire visuelle du cerveau. Le cerveau se charge ensuite de déchiffrer l’information dans l’influx nerveux responsable de la vision (1) En posturologie, les yeux sont définis comme des extérocepteurs sensoriels : ils perçoivent le monde extérieur.
Mais les yeux, capteurs sensoriels par excellence, ont une fonction cachée essentielle : nous positionner dans l’espace à chaque instant. Ils sont mobilisés par 6 paires de muscles richement fournis en propriocepteurs.
Le rôle de cette “proprioception oculomotrice” est au moins aussi important que les informations rétiniennes pour contrôler la posture et l’équilibre.

Oeil et contrôle de l’équilibre

Dans le contrôle de l’équilibre, l’œil peut donc présenter 2 sortes de troubles.

Troubles sensoriels

Ils concernent l’oeil extérocepteur.
Il s’agit de troubles de la réfraction (myopie, hypermétropie…) généralement diagnostiqués par un optométriste suite à un examen visuel. Leur correction est indispensable pour éviter tout dérèglement du système postural.

Troubles musculaires

Ils atteignent l’oeil propriocepteur.
Comme les autres muscles du corps, les muscles oculomoteurs peuvent être tendus de manière asymétrique. Ce qui se manifeste alors par des déviations plus ou moins importantes des axes visuels :

  • strabismes lorsqu’elles sont apparentes,
  • hétérophories lorsqu’elles sont provoquées par des tests spécifiques.

Leur rééducation est essentielle. Cette “gymnastique visuelle” est menée par les orthoptistes.

En cas de dysfonctionnement de l’oeil

L’œil humain joue un rôle important dans le contrôle postural, mais il n’est qu’une partie d’un ensemble fonctionnel. Le système nerveux central a en effet besoin de comparer les informations des yeux à celles des autres capteurs pour pouvoir les interpréter convenablement.
Lorsque l’œil perd de sa capacité à voir correctement, le corps va tout faire pour maintenir une fonction visuelle correcte : il compense. Mais toute compensation est coûteuse pour les autres structures qui doivent s’adapter, dont le système locomoteur. Ces adaptations généreront des contraintes responsables de douleurs, souvent à distance de l’origine du problème.

Un exemple concret

Votre oeil droit présente une difficulté à converger, c’est-à-dire à regarder en direction de la pointe de votre nez. Le muscle oculomoteur droit externe est trop tonique et le lui en empêche.
Pour compenser cette asymétrie de tonus musculaire, vous allez inconsciemment tourner la tête vers la gauche.
L’oeil droit se retrouve face à l’écran pour éviter de devoir trop forcer sur le muscle hypertonique.
Si la tête tourne à gauche, elle s’incline automatiquement sur la droite.
Par le jeu des chaînes musculaires, les épaules vont également basculer, suivi avec le temps de la colonne vertébrale puis du bassin et ainsi de suite.

Quelles sont les causes d’un dérèglement du capteur oculaire ?

Les étiologies sont diverses et variées. Le docteur Bernard Bricot, chirurgien orthopédiste et posturologue, les classe en 2 catégories :

  • les causes apparemment primitives,
  • et celles manifestement secondaires.

Les premières intéresseraient principalement les traumatismes crâniens, les entorses cervicales ou torticolis, les phénomènes d’hyperpression intracrânienne comme les convulsions ou les syndromes méningés, les épilepsies, les souffrances fœtales ainsi que des troubles congénitaux ou héréditaires.
Les secondes seraient le fait d’un trouble occlusal, d’un foyer dentaire ou de la prise de dérivés tricycliques (antidépresseurs).
Nous ajouterons les asymétries cranio-faciales et les déséquilibres de la mécanique crânienne.

Quand faut-il penser à l’oeil ?

Nous penserons à un dérèglement postural implicant l’oeil devant tout patient qui présente :

  • des migraines ou des céphalées
  • des vertiges ou des troubles de l’équilibre hors pathologie de l’oreille interne
  • des cervicalgies…

Ces différents symptômes apparaissent généralement en fin de journée, avec la fatigue oculaire.

Un patient qui chute souvent ou se cogne fréquemment contre le mobilier sont des signes évocateurs d’un trouble oculaire, tout comme certains troubles de l’apprentissage chez l’enfant.

Comment mettre en évidence son implication ?

L’ostéopathe spécialisé en posturologie possède plusieurs outils dans sa trousse pour démasquer l’implication de l’oeil dans un trouble de la posture.
Un interrogatoire précis et une observation minutieuse du sujet debout lui permettront de suspecter un dérèglement oculaire.
Cette suspicion sera confirmée par des tests physiques, eux-mêmes corroborés par des analyses chiffrées sur plateforme de stabilométrie.
S’en suivra une reprogrammation posturale qui implique un travail en collaboration avec d’autres professionnels de la santé.
En conclusion, si vos douleurs vous sortent par les yeux, n’hésitez pas à consulter un spécialiste de la posture.

(1) https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/sciences/la-vue-et-l-oeil-s1288

Note : Consultez toujours un professionnel et suivez les recommandations de votre médecin, ou professionnels de la santé qui vous accompagnent. Le soin d’ostéopathie ne remplace pas le suivi médical dont vous pouvez bénéficier.

Prenez RDV maintenant avec un ostéopathe

Agenda en ligne
Clinique SER

Clinique SER

Equipe d'ostéopathes membres de la Clinique d'Ostéopathie SER à Montréal.

Leave a Reply